Cicatrices
- Qu’est ce qu’une cicatrice ?
- Quel est l’évolution d’une cicatrice?
- Traitement d’une cicatrice
- Quelles précautions pour une cicatrice?
- La cicatrice reste un mystère.
- Le saviez-vous ?
Qu’est ce qu’une cicatrice ?
Les cicatrices sont inévitables, définitives et indélébiles.
Sauf si elle est très superficielle, toute plaie, toute brûlure, toute incision chirurgicale, toute infection, toute lésion qui détruit le derme, laissera une cicatrice définitive et indélébile.
Même la chirurgie esthétique laisse des cicatrices, et il est actuellement impossible de faire disparaître une cicatrice, y compris par le laser ou par la chirurgie esthétique. Mais il est parfois possible d’améliorer l’aspect d’une cicatrice.
Quel est l’évolution d’une cicatrice?
La cicatrisation est un processus qui évolue pendant plusieurs mois.
Avant même de pouvoir juger de l’aspect définitif d’une cicatrice, et de la considérer comme stable, il faut d’ailleurs attendre de 6 à 36 mois selon les cas, car la cicatrisation de la peau est un processus évolutif et long.
Elle évolue pour l’observateur d’une façon stéréotypée pendant plusieurs mois :
• immédiatement après l’ablation des fils, la cicatrice est habituellement belle, fine, linéaire.
• Mais dans les 4 à 8 semaines qui suivent, elle devient progressivement dure, rouge, légèrement boursouflée, et elle s’accompagne de démangeaisons. Ce stade « hyperplasique » initial, parfaitement normal, passe par un maximum d’intensité variable vers le premier ou le deuxième mois.
• Ce n’est qu’après ce délai qu’elle commence à blanchir, à ne plus démanger, à s’aplatir et à s’assouplir, pour prendre progressivement son aspect définitif et stable au bout d’un an environ (parfois plus, parfois moins).
• L’évolution se termine alors en laissant une cicatrice définitive et indélébile, plus ou moins discrète, normalement souple, blanche, insensible et indolore. Il n’existe jamais de poils ni de glandes sudoripares dans une cicatrice.
Finalement, la Nature prend son temps, et il faut avoir la patience d’attendre le résultat, car elle améliore généralement beaucoup les choses. Jusqu’à ce jour, aucune crème, aucune pommade, aucun produit, aucun procédé n’a fait la preuve scientifique de son efficacité pour accélérer le processus de la cicatrisation ou pour améliorer l’aspect d’une cicatrice.
Traitement d’une cicatrice
Le but d’une reprise chirurgicale de cicatrice est de remplacer une cicatrice «vicieuse» (présentant un vice, une anomalie) par une nouvelle cicatrice que l’on espère moins gênante et plus discrète.
Dans la plupart des cas, ne peuvent être traitées que les cicatrices stabilisées, au terme de leur évolution naturelle (6 mois à 2 ans).
Pour quelle cicatrice ?
Par ailleurs, une tentative de correction chirurgicale n’est licite que dans les cas suivants :
• Cicatrices rétractiles : très indurées et « recroquevillées », ne se laissant pas distendre, très inesthétiques et pouvant même parfois limiter certains mouvements,
• Cicatrices ulcérées : leur fragilité aboutit à de fréquentes « écorchures » superficielles qui deviennent permanentes, se creusent et s’aggravent,
• Cicatrices instables : très anciennes ou après radiothérapie, elles présentent un risque de dégénérescence maligne,
• Cicatrices cheloides : inflammatoires, douloureuses, rouges, élargies et surtout gonflées « en relief ». Leur traitement est très délicat et soumis à de fréquentes récidives,
• Cicatrices inesthétiques : larges, colorées, irrégulières, décalées, enfoncées, adhérentes…
Il faut noter que le traitement d’une cicatrice normale mais simplement élargie (cas fréquent) est très aléatoire car l’élargissement est souvent dû à un trouble de la cicatrisation propre au patient et indépendant de la technique chirurgicale.
Principes
Dans les cas les plus simples, il suffit d’exciser la cicatrice défectueuse et de refermer avec une technique de suture parfaite pour espérer obtenir une nouvelle cicatrice plus discrète.
Pour les cicatrices très étendues, plusieurs techniques peuvent être employées, seules ou en association :
- Excision en plusieurs fois, permettant à la peau de se détendre entre deux temps opératoires (principe dit des « exérèses itératives »)
- Greffe de peau prélevée sur une autre région
- Plastie locale, avec déplacement d’un lambeau de peau avoisinant afin que celui-ci vienne recouvrir la zone cicatricielle
- Expansion cutanée, grâce à des ballonnets gonflables placés sous la peau saine avoisinante et permettant de la distendre au fur et à mesure du gonflement (sur plusieurs semaines) afin d’utiliser l’excédent cutané ainsi obtenu lors de l’ablation des ballons pour recouvrir la zone cicatricielle. Là aussi, votre chirurgien vous expliquera quelle est la solution la mieux adaptée à votre cas personnel.
Quelles précautions pour une cicatrice?
La cicatrisation doit être protégée du soleil.
Que la cicatrice résulte d’une suture ou qu’elle résulte de l’évolution spontanée d’une plaie, elle doit absolument être protégée du soleil pendant tout le temps que dure son évolution, c’est à dire tant qu’elle est rouge ou rose, ce qui peut prendre de 6 mois à 3 ans selon les cas.
Car une cicatrice fraîche peut bronzer ; et si elle bronze, sa pigmentation sera définitive (« dyschromie »), ce qui est inesthétique sur une peau qui a débronzé.
La protection solaire doit donc se faire par tous les moyens possibles :
• éviter l’exposition au soleil,
• porter des vêtements (ou chapeau) qui recouvrent la cicatrice,
• et, plutôt que de cacher la cicatrice avec un pansement, la recouvrir avec une crème solaire écran total en cas d’exposition directe inévitable. Renouveler cette crème toutes les 2 heures.
La cicatrice reste un mystère.
En fait, l’aspect définitif d’une cicatrice est entièrement imprévisible.
Le seul paramètre que le chirurgien contrôle est la méthode de suture, qui doit évidemment s’efforcer de laisser le moins de traces possibles. Mais la cicatrice, qui ne peut être définitivement jugée qu’au bout de 6 à 36 mois, résulte de facteurs multiples et incontrôlables.
Habituellement, certaines régions du corps cicatrisent de façon très discrète, en laissant des traces très fines. C’est souvent le cas des paupières et des joues. Dans d’autres régions du corps, telles que le dos ou les genoux, il existe des tensions importantes de la peau lors des mouvements, et les cicatrices y sont souvent très larges, malgré toutes les précautions prises lors de la suture. De façon générale, quelle que soit la région du corps, et en l’absence de complications, il est très fréquent d’observer sur une même cicatrice des zones
fines qui alternent de façon incompréhensible avec des zones plus ou moins élargies ou boursouflées.
Cette incertitude concernant le résultat esthétique d’une cicatrice existe pour chaque intervention. En particulier, lorsqu’une cicatrice jugée inesthétique est reprise dans le but d’en améliorer l’aspect, le résultat final de l’intervention est aussi incertain. Même en l’absence de complications, il est malheureusement possible que la cicatrice finale soit aussi visible que la cicatrice initiale…
Lorsque la cicatrice est anormalement boursouflée, on parle de cicatrice « hypertrophique » et de cicatrice « cheloide ». La première s’améliore très lentement mais sûrement. La seconde n’a aucune tendance spontanée à s’améliorer. Dans les deux cas, parlez-en avec votre chirurgien.
Le saviez-vous ?
• Les microbes qu’on trouve dans une plaie proviennent du patient lui-même dans l’immense majorité des cas, et non du milieu extérieur.
• Non seulement il est normal de trouver ces microbes dans une plaie, mais encore le pansement n’a pas pour but habituel de les faire disparaître.
• Les antiseptiques n’ont aucune utilité prouvée dans une plaie et peuvent même être nuisibles. L’eau du robinet suffit dans tous les cas à nettoyer une plaie.
• La douche quotidienne à l’eau du robinet et au savon n’est jamais interdite en cas de plaie, bien au contraire.
• Les antibiotiques peuvent être dangereux car ils sélectionnent des microbes qui leur résistent.
En matière de plaies et de cicatrisation, les antibiotiques ne doivent être utilisés que dans certains cas, qui sont rares en pratique.
• La nature est bien faite, et nous cicatrisons le plus souvent malgré le pansement. Il suffit pour s’en convaincre de se déplacer dans le tiers monde et les milieux défavorisés.
• Aucun pansement, aucun procédé moderne ne permet réellement d’accélérer la cicatrisation.
Seule la chirurgie permet d’accélérer la cicatrisation d’une plaie lorsqu’elle est nécessaire et lorsqu’elle est possible.







